Fe Adulta

Croire, voir, vivre

Notre esprit est inquiet et, fréquemment, affolé. Comme un petit chien joueur qui ne laisse de courir d’un côté et d’autre. Il adore la distraction et le protagonisme…

Jn 6, 41-51

Notre esprit est inquiet et, fréquemment, affolé. Comme un petit chien joueur qui ne laisse de courir d’un côté et d’autre. Il adore la distraction et le protagonisme. Il peut générer plus de soixante cinq mil pensées en une seule journée. Et il veut toujours avoir raison… Ce n’est pas étonnant que pour ces motifs, on l’a appelé “l’esprit du singe”, toujours sautant d’un endroit à un autre.

Notre esprit crée le je qui, comme un bon fils, assume comme propres les caractéristiques à son esprit. Il se croit séparé de tous et de tout, il cherche à avoir raison plus que personne, vit de la comparaison et l’affrontement, et fait tout le possible pour s’autoaffirmer comme centre de son univers. Pour soi_même, le je apparaît comme solemne; vu du dehors, cependant, il devient infantil et, quand il se gonfle, pathétique.

Il y a cependant, un autre mode possible de se relationner avec notre esprit, et donc, avec le je. Il suffit de voir notre esprit comme il est réellement, un outil -un “object” de plus en ce que nous sommes-, pour commencer à ouvrir du chemin à la reconnaissance de notre identité la plus profonde. Juste à ce moment-là, le je même commence à se dissoudre, tant dans sa prétendue identité comme dans ses croyances érronnéees de séparation.

Et cela arrive quand l’attention “gagne la course” aux pensées. Une chose c’est penser et une autre très différente savoir qu’on est en train de penser. En percevant et en expérimentant cette différence, nous avons eu accès à une plus grande compréhension: une chose c’est la pensée (notre esprit) et une autre la Conscience.

Il devient posible de nous rendre compte que la pensée est ce que nous avons et la Conscience est ce que nous sommes.

A partir de là, il est posible d’apprendre à vivre, non pas dans la pensée –que nous utiliserons lorsque nous en aurons besoin- , mais dans l’attention.

Et nous viendrons à percevoir que la croyance en notre identité égoïque a laissé le passage à la reconnaissance de l’Identité non-dual, atemprelle et illimitée, que nous sommes réellement.

Et peu à peu la vérité se fera en notre vie ce qu’un renommé haiku chante:

Assieds-toi dans le silence.
Ne fais rien.
Le printemps arrive
et l’herbe pousse seule.

Toute cette les intérrogants posés par ceux qui écoutent Jésus: “Celui, n’est pas ce Jesús, le fils de Joseph? Est-ce nus ne connaissons son père et sa mère?, comment dit-il maintenant qu’il est descendu du ciel?”.

Parce que ce n’est pas mal que la pensée pose des intérrogeants; grâce à eux, nous avançons. L’erreur réside dans le fait de croire que la réponse se trouve en elle même. Ceci explique que, en se voyant frustrée dans ses prétensions, elle discalifie tout ce qui ne rentré dans ses réduits paramètres.

C’est pourquoi, il me semble profondément sage l’attitude de Jésus: “Ne critiquez pas”. C’est à dire, n’érigez la pensée comme arbitre dernier de la réalité. Ouvrez vous à une autre Sagesse plus grande, celle à laquelle nous accédons juste au moment où la raison se tait.

Cette Sagesse n’est crédule ni irrationnelle. Elle valorise et respecte la pensée –elle ne renonce jamais à la raison critique-, mais la transcende. Face à elle, la pensé occupe sa place, sans d’autres prétensions illisoires ni blessantes, et finit par se rendre à la Vérité de ce qui est.

Cette Vérité n’est autre chose que la “vie éternelle”, dont parle Jesús. Les deux termes, Vérité et Vie, sont équivalents et interchangeables. Ce sont des noms qui visent, au coeur de la pauvreté de notre langage, au Mystère dernier du Réel, et donc, au noyau dernier de notre propre identité, au Fond commun de tout ce qui est.

Nous ne sommes pas de je (moi) qui ont vie pendant un certain temps, nous sommes Vie qui s’exprime dans ces formes temporelles et transitoires. Reconnaître cela c’est “croire”, “voir le Père”, “venir à Jésus”, savourer le “pain de vie”…

Quand nous lisons des textes comme celui-ci à partir de la pensé, nous pouvons avoir la sensation de nous perdre parmi tant de noms et de concepts, jusqu’au point de tout sembler un immense jeu de mots.

Lorsque, au contraire, la lectura se fait dès “un autre lieu”, dès l’expérience du Non-lieu où tout se retrouve, nous nous rendons compte que cette pluralité de mots n’est autre chose que le résultat de vouloir balbutier la Réalité dernière, impossible de retenir.

A partir de là, la confussion cèse. Nous avons découvert que la sagesse spirituelle est toujours en train de parler “de la même chose”, quel que soit notre langage, la référence ou la “langue” qu’on utilise.

Ses mots n’ont pas la prétension (illusoire) de nous informer sur le Mystère,mais celle de nous reveiller à la Réalité que nous sommes déjà, mais de laquelle nous sommes fréquemment déconectés.

Il est compréhensible que, d’après les différents profils psychologiques, il y ait des mots qui, pour certains, leur résultent plus significatifs que d’autres. Mais eux tous ne sont que ça: évocation, signaux qui visent à la Réalité qui transcende toute parole et tout concept. Réalité qui ne peut être pensé ni formulée adéquatement, comme nous rappelle de manière magistrale un des premiers textes spirituels: “Le Tao qui peut être connu n’est pas le vrai Tao….; le Tao don ton peut parler n’est pas le vrai Tao…; celui qui connaît le Tao, ne connaît le vrai Tao” (Tao te Ching).

Nous ne pouvons connaître – ni nommer – le Mystère; nous ne pouvons que l’être. Et c’est alors, en l’étant, que nous le connaissons, avec l’évidence et la joie qui se détâchent de la Réalité même.

C’est ce que nous sommes, et nous avons été toujours. Nou éveiller c’est le faire conscient et vivre en connexion avec Cela.

 

 Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducción de Pedro Alguacil Cuenca

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