Fe Adulta

Genèse 15, 5-18 / Philippiens 3, 17 – 4, 1

2ème dimanche de Carême


GÉNÈSE 15, 5-18

En ces jours-là, Dieu fit sortir Abraham dehors et lui dit :

― Regarde vers le ciel, compte les étoiles, si tu le peux.

Et il ajouta :

―Ainsi sera ta descendance.

Abraham crut au Seigneur, et cela lui fut compté comme justice. Le Seigneur lui dit :

―Je suis le Seigneur qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens, pour te donner en possession ce pays.

Il répondit :

―Seigneur Dieu, comment saurai-je que je le posséderai ?

Le Seigneur répondit :

―Apporte-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, une tourterelle et un jeune pigeon.

Abraham les apporta et les coupa par le milieu, plaçant chaque moitié face à l’autre, mais il ne partagea pas les oiseaux. Les vautours descendaient sur les cadavres et Abraham les chassait. Quand le soleil allait se coucher, un sommeil profond envahit Abraham, et une terreur intense et sombre tomba sur lui. Le soleil se coucha, et il vint l’obscurité : une fumée de fournaise et une torche enflammée passaient entre les morceaux partagés.

Ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abraham en ces termes :

– À ta descendance je donnerai ce pays, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve.

C’est l’un des thèmes “radicaux” de l’Ancien Testament. Abraham, le père des croyants, reçoit “La Promesse”, car Dieu conclut avec lui “L’Alliance”.

Abraham est âgé et n’a pas de descendance, mais le Seigneur lui promet “d’être le père d’un grand peuple”. Abraham dit à Dieu “Que peux-tu me donner ?…Je vais mourir sans avoir un fils…”. À ce moment se présente la promesse, ratifiée par l’Alliance.

Dans le texte, il faut souligner plusieurs aspects intéressants.

Tout d’abord la phrase “Abraham crut à Dieu”, ou “il se fia à Dieu”. Abraham est présenté parmi les Patriarches, les grands personnages de la préhistoire du peuple, avant sa naissance en tant que tel après la sortie d’Égypte, comme le prototype de la Foi. Abraham est “celui qui crut à Dieu”, contre toute espérance.

Ensuite, le genre presque fantastique dans lequel s’exprime “l’Alliance”, représentant un rite d’alliance entre deux rois ou deux seigneurs puissants. Il est caractéristique d’Israël de ne pas penser à Dieu seulement comme “Le Maître” qui peut commander ce qu’il veut, mais comme “L’Allié”. Cette ligne s’explicitera fortement dans l’Exode et culminera dans “Jésus-Sauveur” comme révélation d’Abbá.

Enfin, nous rencontrons “La Promesse” et “L’Alliance” en termes très matériels. “Un grand Peuple”, “Une terre”. Nous savons que tout cela n’est que la préhistoire de la foi. Nous savons que cela va aboutir rien de moins que dans la promesse d’une Vie Nouvelle, définitive et au-delà de la mort, dans le Royaume de Dieu. Nous lisons donc ces textes de l’Ancien Testament avec la révérence de celui qui regarde ses ancêtres, en comprenant que les hommes vont progressivement connaissant Dieu et comprenant de mieux en mieux notre relation avec Lui. C’est important pour pouvoir assentir à ces textes comme “Parole de Dieu”.

 

PHILIPPIENS 3, 17 – 4, 1

Frères, imitez-moi, et observez ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en moi. Car, comme je vous le disais souvent, et maintenant je le répète avec larmes, il y en a beaucoup qui marchent en ennemis de la croix de Christ : leur fin sera la perdition ; leur dieu, le ventre ; leur gloire, leurs hontes. Ils n’aspirent qu’à des choses terrestres.

Nous, par contre, nous sommes citoyens du ciel, d’où nous attendons un sauveur : le Seigneur Jésus-Christ. Il transformera notre condition humble selon le modèle de sa condition glorieuse, avec cette énergie qu’il possède pour se soumettre toutes choses.

Ainsi donc, mes frères bien-aimés et tant désirés, ma joie et ma couronne, demeurez ainsi dans le Seigneur, mes bien-aimés.

La lettre aux Philippiens montre le mode de vie du chrétien, qui a cru en la parole, qui s’est fié à Dieu.

Citoyens de la terre – citoyens du ciel. Voilà le dilemme. Si nous n’attendons rien de plus que la terre, nous vivrons attentifs à la terre. Si nous attendons davantage, notre vie changera. C’est donc le défi de la foi. Vivre conformément à notre foi.

 

José Enrique Galarreta, S.J.

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