Fe Adulta

Isaïe 40, 1-11 / 2 pierre 3, 8-14

 

Deuxième dimanche de l’Avent

 

ISAÏE 40, 1-11

Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez-lui bien haut qu’elle a accompli son service, qu’elle a expié sa faute, car elle a reçu de la main de Yahvé le double pour tous ses péchés.

Une voix proclame :

« Dans le désert, frayez un chemin à Yahvé, tracez dans la steppe une route droite pour notre Dieu. Que tout ravin soit relevé, et toute montagne et colline abaissée ; que le terrain accidenté devienne une plaine, et les escarpements une vallée. La gloire de Yahvé se révélera, et toute créature la verra ensemble. Car la bouche de Yahvé a parlé. »

Une voix dit : « Crie ! » Et je dis : « Que dois-je crier ? »

‑ « Toute chair est comme l’herbe, et tout son éclat comme la fleur des champs. L’herbe se fane, la fleur se flétrit, quand le vent de Yahvé souffle dessus (car vraiment, le peuple est comme l’herbe). L’herbe se fane, la fleur se flétrit, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours. »

Monte sur une haute montagne, messager joyeux pour Sion ; clame avec force, messager joyeux pour Jérusalem, clame sans crainte. Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu, voici le Seigneur Yahvé qui vient avec puissance, et son bras domine tout. Voyez, son salaire l’accompagne, et sa récompense le précède.

Comme un berger, il fait paître son troupeau : il recueille les agneaux dans ses bras, les porte sur son sein, et traite avec soin celles qui allaitent. »

Les chapitres 40 à 56 de la “prophétie d’Isaïe” sont écrits vers l’an 550, pendant l’exil à Babylone. Le retour attendu à La Terre est conçu comme un nouveau Exode, de l’esclavage à la Patrie. Son langage est plein de symboles, notamment en référence à “la rencontre avec le Seigneur qui vient”. C’est l’une des parties de l’Ancien Testament les plus citées dans le Nouveau.

La théologie de ce texte est claire : Le Seigneur a puni son peuple pour ses péchés, mais maintenant il vient comme libérateur. Face à la caducité de toute vie humaine, la fidélité du Seigneur est éternelle. Le Seigneur se présente déjà comme le Pasteur et le Libérateur du peuple.

Ses images et ses paroles sont appliquées particulièrement dans le NT à Jean Baptiste : “Préparez le chemin du Seigneur”. On utilise l’image de la préparation d’une grande route royale, en aplanissant les montagnes et en comblant les vallées, pour l’accès du Grand Roi. Cette image est reprise par Jean Baptiste pour lui donner un sens spirituel : préparez le chemin, c’est-à-dire, convertissez-vous, changez vos cœurs, revenez à Dieu.

 

De la deuxième lettre de Pierre 3, 8-14

Mais voici une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer : devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme certains le supposent, mais il use de patience envers vous, ne voulant pas que certains périssent, mais que tous parviennent à la conversion.

Le Jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour-là, les cieux, avec un bruit assourdissant, se disloqueront ; les éléments, embrasés, se dissoudront, et la terre et tout ce qu’elle renferme seront consumés. Puisque toutes ces choses doivent se dissoudre ainsi, quelle doit être votre conduite sainte et votre piété, en attendant et en hâtant la venue du Jour de Dieu, en lequel les cieux, enflammés, se dissoudront, et les éléments, embrasés, se fondront ?

Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. C’est pourquoi, bien-aimés, dans l’attente de ces événements, appliquez-vous à être trouvés en paix devant lui, sans tache et sans reproche.

Les spécialistes de ces sujets datent cette lettre de la fin du Ier siècle ou du début du IIe. Certains pensent que c’est le dernier écrit du NT. Appartenant sans aucun doute au “cercle de Pierre”, elle a été écrite par l’un de ses disciples, avec de fortes dépendances des écrits de Paul et de la lettre de Jude.

Le troisième chapitre aborde le thème du “retard de la Parousie”, c’est-à-dire de la venue du Christ et du Jugement Dernier, dont l’imminence était fortement attendue par les premières communautés chrétiennes.

C’est un sujet qui nous fait sérieusement réfléchir sur le terme “Parole de Dieu”. Il est évident que cette croyance existait dans les premières communautés chrétiennes, et qu’elle apparaît dans les écrits du Nouveau Testament, même mise dans la bouche de Jésus. Que Jésus l’ait dit ou que les écrivains l’aient mis dans ses lèvres est un sujet dans lequel nous ne pouvons pas entrer maintenant. Mais nous devons réfléchir au fait qu’à travers toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament, apparaissent de nombreuses croyances et expressions propres à la culture et à l’interprétation que chaque époque et chaque auteur a faite de la Parole.

En ce sens, et pour ne pas nous étendre sur ce sujet marginal, soulignons que parfois nous exagérons le sens de “Parole de Dieu”. Il serait préférable de dire que dans la Bible nous trouvons “beaucoup de Parole de Dieu”, pour ne pas donner le caractère de Parole de Dieu à tant d’expressions, croyances, commandements, qui ne sont que des manifestations de la culture ou de la manière de penser de l’époque.

Toutefois, il ne serait pas correct de nous arrêter sur cet aspect, secondaire, en omettant le message principal : arrive le jour du Seigneur, arrive “le jour”, comparé auquel ceci est la nuit. Nous espérons des cieux et une terre nouveaux, nous cheminons vers une réalité sans ombres, une création libre du péché et de la mort, libre de ce qui est transitoire. C’est-à-dire, le même message de l’Exode et d’Isaïe : nous cheminons vers la Patrie.

Ce sont des textes pour faire un acte de foi en Dieu comme fin heureuse, et à la fois, des textes d’urgence pour faire possible cette fin heureuse, qui ne sera pas seulement l’œuvre du Seigneur qui vient, mais de nous qui allons à sa rencontre.

Et il convient de signaler cette petite phrase, cachée parmi les autres : “ne voulant pas que certains périssent, mais que tous parviennent à la conversion” La volonté de Dieu est que tous parviennent à la conversion, que personne ne périsse. Et Dieu peut-il échouer ?

 

José Enrique Galarreta, S.J.

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